Sourate 68 - القلم
Sourate Al-Qalam (La Plume) 68ᵉ sourate du Saint Coran Révélée à La Mecque, elle compte 52 versets. Son nom vient du premier verset : "Par la Plume et ce qu’ils écrivent !" (v.1) Contexte historique Cette sourate fait partie des premières révélations adressées au Prophète ﷺ à La Mecque, à une époque où il subissait les railleries et le rejet des notables de Quraysh. Le message divin venait rassurer le Messager et réfuter les accusations de folie que ses ennemis lançaient contre lui. Dans un monde où la plume et la connaissance étaient rares, Allah jure par la Plume, symbole du savoir, de la transmission et de la vérité, pour élever la dignité du Prophète ﷺ et affirmer que sa mission repose sur la révélation divine, non sur l’illusion. Structure et message global La sourate se divise en trois grandes parties : 1. Défense du Prophète et mise en garde aux négateurs (v.1–16) Allah commence par défendre la probité du Prophète ﷺ : « Tu n’es pas, par la grâce de ton Seigneur, un fou. Tu auras certes une récompense ininterrompue. Tu es d’un caractère éminent. » (v.2–4) Ces versets viennent consoler et affirmer la grandeur morale du Messager. Ils avertissent ensuite les mécréants arrogants, en particulier un notable de Quraysh (selon plusieurs exégètes, al-Walîd ibn al-Mughîra), décrit comme riche, arrogant et manipulateur, qui s’oppose à la vérité. 2. 🌾 La parabole des propriétaires du verger (v.17–33) Une histoire symbolique illustre la justice divine : des cultivateurs jurent de récolter leurs fruits sans rien donner aux pauvres, oubliant la part d’Allah dans leurs biens. Mais lorsqu’ils se rendent dans leur jardin, il a été détruit pendant la nuit. Ils comprennent alors : « Gloire à notre Seigneur ! Nous étions injustes. » (v.29) Cette parabole enseigne que l’avarice et l’ingratitude mènent à la ruine, tandis que la reconnaissance et le partage attirent la bénédiction. C’est aussi une mise en garde aux Quraysh, qui refusaient de partager leurs privilèges et de reconnaître la guidance divine. 3. Jugement, patience et leçons spirituelles (v.34–52) La fin de la sourate oppose les gens du bien et les criminels. « Les pieux auront auprès de leur Seigneur les jardins des délices. » (v.34) Allah y rappelle que le Jugement est certain, et que chacun récoltera selon ses actes. Le Prophète ﷺ est invité à persévérer avec patience, à l’exemple de Younous (Jonas), qui quitta son peuple avant l’ordre de Dieu mais se repentit : « Sois patient comme le fut le compagnon du poisson. » (v.48) Cette fin renforce la confiance du Messager : malgré les moqueries, la vérité triomphera. Méditation et enseignements spirituels 1. La Plume, symbole de la connaissance Dieu jure par la Plume — premier instrument du savoir — pour rappeler que la science est une lumière divine. Elle distingue le vrai du faux, éclaire le cœur et élève l’esprit. L’islam est une religion du savoir et de la réflexion. 2. Le caractère du Prophète ﷺ : un modèle absolu « Tu es d’un caractère éminent. » Ces mots sont un éloge unique dans le Coran. Ils rappellent que la moralité est le fondement de la foi. La da‘wah (appel à Dieu) se fait d’abord par le comportement, avant les paroles. 3. L’arrogance conduit à la chute Les négateurs et les propriétaires du verger sont un miroir de l’orgueil humain : croire que tout nous appartient, oublier le Donateur. Toute richesse non purifiée par le partage devient une épreuve. 4. La patience, clé de la victoire Face aux épreuves, Allah rappelle à Son Prophète de tenir bon. Le triomphe appartient toujours à ceux qui persistent dans la vérité avec douceur et confiance. La foi ne s’éteint jamais sous la moquerie ; elle s’affermit dans l’adversité. 5. La justice divine est inévitable La sourate se conclut sur la certitude du Jugement : le mensonge peut durer un temps, mais Allah tranchera avec équité. La conscience du Jugement purifie le cœur et donne sens à la vie. En résumé Al-Qalam est une sourate de consolation, d’éthique et de réflexion. Elle élève la science, la patience et la morale, tout en avertissant contre l’orgueil et l’injustice. Elle enseigne que la véritable noblesse ne réside ni dans la richesse ni dans la puissance, mais dans la sincérité du cœur et la droiture du comportement.